Le Seollal, Nouvel An lunaire en Corée, intrigue de nombreux francophones curieux de mieux saisir les codes et repères d’un des temps forts du calendrier coréen. Que vous soyez en préparation d’un séjour, d’une expatriation ou simplement passionné par les traditions d’Asie, connaître la portée du Seollal aide à comprendre en profondeur la société sud-coréenne et ses rituels. Ce dossier vous donne un panorama détaillé, pensé pour un public pragmatique et en quête de repères opérationnels, sur cette fête unique, sa chronologie, ses rites et son sens contemporain.
Origines et signification profonde du Seollal

Le Seollal, célébration majeure du calendrier coréen, s’enracine dans des traditions millénaires influencées par le confucianisme et les cycles de la nature. Plus qu’un simple passage à une nouvelle année, le Seollal est avant tout l’occasion d’honorer les ancêtres, de consolider les liens familiaux et de réfléchir au chemin parcouru. Cette fête, rythmée par le calendrier lunaire, incarne ce rapport particulier au temps que l’on retrouve dans la société coréenne : le cycle des saisons, l’harmonie avec les éléments, et la mémoire transmise au fil des générations.
Confucianisme et valeurs collectives structurent le Seollal. C’est l’un des seuls moments de l’année où les familles, parfois dispersées, se retrouvent au complet. On y réaffirme les valeurs centrales : respect des aînés, mémoire familiale, solidarité.
Deux rituels structurants illustrent cette philosophie :
- Le Charye : cérémonie rendant hommage aux ancêtres, où l’on prépare une table de mets symboliques pour exprimer respect et gratitude.
- Le Sebae : inclinaison respectueuse, généralement pratiquée par les plus jeunes envers les aînés, pour souhaiter santé et prospérité.
Le port du Hanbok, vêtement traditionnel, accentue ces gestes solennels et rappelle le respect porté à la lignée et à la continuité.
Quand et combien de temps dure le Seollal
Le Seollal suit le calendrier lunaire : la date varie entre le 21 janvier et le 20 février selon les années. Ce repère changeant demande une organisation particulière, surtout si l’on vit ou séjourne en Corée.
| Élément clé | Détail |
|---|---|
| Période | 3 jours (la veille, le jour et le lendemain) |
| Date variable | Entre le 21 janvier et le 20 février |
| Effet sur le pays | Déplacements massifs, de nombreux commerces fermés |
Arriver à Séoul ou Busan à cette période, c’est assister à un bal de retrouvailles familiales. Pour les nouveaux arrivants, mieux vaut anticiper vos réservations de transport et vos courses, les gares et magasins étant souvent très fréquentés ou fermés pendant ces trois jours.
Seollal est aussi un moment suspendu, où la vie urbaine ralentit : cette pause nationale souligne l’importance des liens familiaux et du temps accordé à la transmission et au partage.
Les rituels majeurs et leur importance culturelle
Les rites du Seollal visent autant à relier les générations qu’à préserver une identité commune. Certains sont incontournables :
- Charye : confection d’une table de plats dédiés aux ancêtres ; chaque plat répond à un ordre et une place spécifiques, c’est le temps fort du matin de Seollal.
- Sebae : salut profond des enfants et jeunes adultes, en échange de vœux, conseils et argent symbolique (Sebae-don). Ce geste rituel favorise la transmission de la gratitude et renforce l’ordre familial.
- Nettoyage du foyer : au-delà de l’aspect pratique, il s’agit d’éloigner les mauvaises énergies et d’entamer une nouvelle année sur des bases saines.
Tous ces gestes posent les fondements d’une société marquée par la notion d’équilibre et de respect des générations précédentes.
Le repas traditionnel du Seollal et sa symbolique

La cuisine du Seollal ne se limite pas à un simple échange gustatif : elle porte la mémoire de la famille et les vœux pour l’année à venir.
- Tteokguk : soupe aux gâteaux de riz symbolisant le passage à une nouvelle année. Manger ce plat revient à gagner un an d’âge, dans la conception coréenne traditonnelle.
- Jeon : beignets salés de légumes ou poisson frits, incarnation de la prospérité et de la convivialité.
- Yakbap : dessert à base de riz gluant, fruits secs et noix, apprécié pour sa promesse d’abondance et de santé.
Partager ces plats, dont la préparation mobilise toute la famille, ancre le lien intergénérationnel et concrétise la solidarité familiale.
Le rôle du Hanbok et des vêtements spécifiques du Seollal
Revêtir un Hanbok ou la version spécifique Seolbim lors du Seollal, ce n’est pas juste se mettre en habit de fête : c’est marquer le respect envers les membres de la famille, les ancêtres et la tradition elle-même. Les couleurs et motifs sont choisis avec soin pour attirer chance et prospérité. Ce moment partagé en famille, parfois source d’émotion lorsque l’on retrace l’origine des tenues, scelle la dimension intergénérationnelle de la fête.
Le Hanbok, qu’il soit traditionnel ou modernisé, offre un lien tangible avec l’histoire coréenne et entretient une transmission culturelle qui se réinvente chaque année.
Jeux et divertissements familiaux pendant le Seollal
Les moments de convivialité trouvés autour des jeux traditionnels sont essentiels pour comprendre la chaleur du Seollal :
- Yutnori : jeu de plateau où stratégie et chance se mêlent, parfait pour rassembler toutes les générations.
- Jegichagi : activité d’adresse, consistant à garder un petit objet en l’air avec le pied, très apprécié des enfants.
- Go-Stop (jeu de cartes) et tuho (lancer de flèches en bambou) : complètent l’éventail d’activités permettant une transmission ludique des valeurs et une détente collective.
Ces jeux rappellent qu’au-delà des rites formels, le Seollal se vit dans la joie partagée et le renforcement des liens familiaux.
Les différences entre le Seollal et le Nouvel An grégorien
Comparer le Seollal au Nouvel An occidental permet de comprendre les points d’ancrage culturels. Tandis que le 1er janvier célèbre un renouveau universel avec feux d’artifice et soirées festives, le Seollal est fondé sur une logique cyclique (calendrier lunaire), des rites familiaux et trois jours d’arrêt collectif. Les traditions telles que le Charye ou le Sebae n’existent que dans la sphère coréenne, où la mémoire, la migration familiale pour la fête et les gestes codifiés priment sur la spontanéité occidentale. Prendre part au Seollal demande d’intégrer ce tempo particulier, qui valorise la continuité plus que la rupture.
L’importance du Seollal dans la Corée contemporaine
Si la société coréenne évolue avec l’urbanisation, l’accélération du quotidien et la mobilité professionnelle, le Seollal demeure l’un des derniers bastions des traditions vivant au cœur même des familles. Beaucoup optent aujourd’hui pour des rituels plus courts, des repas simplifiés voire organisés par des traiteurs, mais le temps de retrouvailles, virtuel ou réel, garde sa valeur symbolique. Les embouteillages, les difficultés de transport ou la dispersion géographique ne freinent pas la volonté de transmission et d’unité, même si la forme change.
Pour tout nouvel arrivant ou étudiant francophone installé en Corée, vivre un Seollal – même sous forme simplifiée – permet de mieux appréhender l’identité collective coréenne et la place centrale de la famille dans la société d’aujourd’hui.
Comprendre le Seollal, c’est saisir ce qui lie la Corée d’hier et celle d’aujourd’hui. Vous avez déjà assisté à ces festivités ou des anecdotes à partager ? Laissez votre témoignage en commentaire pour enrichir la discussion et apporter encore plus de vécu à la communauté francophone installée ou de passage en Corée. Ce type d’expérience mérite d’être partagé : si l’article vous a éclairé, n’hésitez pas à le repartager autour de vous !
À votre avis, quels autres aspects culturels coréens devraient être décodés en priorité pour faciliter la vie sur place ? Donnez vos envies de sujets en commentaire. Pour prolonger votre lecture : le portail officiel de la Korean Cultural Heritage Administration propose des dossiers à jour, tout comme le site de l’office du tourisme coréen.
Sophie, rédactrice et expatriée en Corée depuis 2016. Mon expertise s’appuie sur sept années d’immersion, d’enseignement, de conseil et d’accompagnement terrain pour étudiants et jeunes actifs francophones.
