Internet est le théâtre d’une multitude de vidéos — et de créateurs étonnants — qui reflètent, parfois, leur propre culture. En Corée du Sud, un phénomène particulier se manifeste sur les plateformes de diffusion de vidéos en direct ou en streaming, telles que YouTube et Twitch – ce sont les mokbang. Le concept ? Il s’agit de manger autant que possible, pendant quelques heures, face à l’écran devant une foule de spectateurs connectés. Cette tendance finit probablement par inquiéter les autorités locales, surtout au regard des risques élevés d’obésité dans le pays.
Les mokbang – phénomène culturel en Corée du Sud
Les mokbang ont transformé la façon dont les Coréens consultent des contenus en ligne. Petit détour concernant l’origine, l’essor et les conséquences de cette mode, qui n’est pas anodine sur le plan de la société et de la mise en avant de soi.
Origines et étymologie des mokbang
Le terme mokbang résulte de la fusion des mots coréens meokneun (manger) et bangsong (diffusion). Cette forme de spectacle a émergé dès 2009 via la plateforme AfreecaTV. Depuis, elle s’est étendue à d’autres réseaux sociaux et espaces vidéo spécialisés, souvent valorisée par des agences d’influenceurs planifiant jusqu’aux détails du show devant l’audience. Exemple : Park Seo-yeon, l’une des pionnières du genre, s’est fait remarquer grâce à ses vidéos dans lesquelles elle avale des quantités étonnantes de nourriture — un spectacle culinaire qui, souvent, est célébré pour son inventivité, parfois critiqué pour son influence.
| Plateforme | Caractéristiques | Influenceurs principaux |
|---|---|---|
| AfreecaTV | Origine des mokbang | Park Seo-yeon |
| YouTube | Vidéo à la demande, large audience | Banzz |
| Twitch | Streaming en direct, interactions en temps réel | Hamzy |
Popularité des mokbang en Corée du Sud et au-delà
Ce phénomène s’est imposé à vaste échelle, séduisant quotidiennement des millions de personnes – non seulement en Corée. Banzz, par exemple, cumule ce qui serait à peu près trois millions d’abonnés sur YouTube. Les revenus paraissent tout aussi notables : Banzz indique percevoir près de 9 millions de dollars par an via les dons et des promotions avec des marques. On remarque même que certaines entreprises agroalimentaires adaptent leur communication pour s’aligner sur ce type de contenu, comprenant que la performance filmée génère un effet d’entrainement. Cet engouement franchit aussi les frontières, s’étendant à d’autres plateformes mondiales telles que Douyin, en Chine, où le « défi gastronomique » séduit un public de tous les âges voire les plus jeunes, selon de nombreux retours.
Les impacts sociaux, économiques et sanitaires des mokbang
Au-delà du côté divertissant, ce genre de contenu touche à la fois à l’économie, la société et la santé publique en Corée du Sud. D’innombrables discussions d’experts, groupes comme l’OMS ou équipes universitaires s’intéressent à ce phénomène.
Impacts économiques des mokbang
Les mokbang génèrent d’importants revenus via les dons et les partenariats commerciaux. Les diffuseurs obtiennent parfois des montants conséquents pour présenter divers produits à l’antenne. Exemple : Selon l’une des analyses, les principales figures du genre pourraient percevoir plusieurs millions de dollars chaque année, ce qui influe sur les stratégies publicitaires et le marché alimentaire. Certaines agences flairent l’opportunité et proposent désormais des « packs mokbang » aux entreprises désireuses de s’insérer dans cette mouvance. L’économie de l’écran innove sans relâche, même si parfois elle engendre des dérives difficiles à maîtriser.
Problématiques sanitaires liées aux mokbang
Les enjeux sanitaires sont majeurs. Souvent associés à des risques de prise de poids et de troubles alimentaires, ces contenus peuvent favoriser la présentation de régimes extrêmes. Une recherche récente signale une augmentation du taux d’obésité en Corée du Sud ces dix dernières années. Regarder de telles vidéos peut conduire, pour certains, à adopter des usages alimentaires déséquilibrés et accroître les risques de surpoids. Les chiffres révèlent que l’obésité dans le pays se situe entre 33 % et 35 % sur une décennie, avec une valeur constatée à 34,8 % pour les adultes en 2023. Par ailleurs, maintes équipes de chercheurs santé publique s’efforcent de préciser l’influence des défis alimentaires mis en scène en direct.
Les controverses et critiques autour des mokbang
Nombre de débats entourent ces émissions – et ce, bien au-delà des frontières coréennes. Les autorités ainsi que divers spécialistes de la santé expriment leurs craintes quant à l’influence de ces shows sur les comportements alimentaires : certains évoquent même une nouvelle forme de spectacle extrême. Le gouvernement rencontre des pétitions contestant la régulation des mokbang, au nom des libertés individuelles et du droit au contenu. Par ailleurs, certaines diffusions mettent en lumière des pratiques à risque, telle l’absorption d’aliments inhabituels voire dangereux, ce qui ne fait qu’augmenter la préoccupation sanitaire. Le terme de performance alimentaire revient souvent ici; pour quelques-uns, cela s’apparente autant au loisir qu’au danger, il faut l’admettre.
Aborder la régulation des mokbang : intentions et réactions
Dans ces conditions, le gouvernement sud-coréen réfléchit à de nouveaux moyens d’encadrement pour les mokbang. Voici un tour d’horizon des axes réglementaires et des échos du grand public, à l’heure où la question de l’éthique numérique s’impose dans les discussions.
Mesures envisagées par le gouvernement sud-coréen
Les autorités travaillent sur divers dispositifs – obligation d’afficher des messages sanitaires lors des diffusions, ou gestion de la quantité ingérée devant les caméras comptent parmi les grandes lignes. Exemple : La campagne de 2018 sur les « Mesures nationales globales de gestion de l’obésité » prévoit quelques restrictions concernant la façon dont les plats sont exposés à l’antenne. Plusieurs voix réclament aujourd’hui une réglementation inédite, notamment quant à la responsabilité sociale des plateformes, qui seraient amenées à jouer un rôle accru pour protéger les plus jeunes.
Citation : Les mokbang devraient, à ce qu’il semble, encourager une alimentation mieux réfléchie et inviter le public à se rappeler les risques liés à l’excès alimentaire. – Dr. Kim Hyun-soo, expert en santé publique.
Réactions de la communauté et débat public
Nombre d’adeptes de ces diffusions font entendre leur désaccord face à un projet de régulation. Sur les réseaux, une partie du public revendique le droit d’accéder à ces contenus sans limitation, avançant surtout la liberté de choisir le programme regardé. Parfois, certains témoignent qu’assister aux mokbang les aide à mieux contrôler leurs envies : il ne s’agit donc pas toujours d’excès, mais aussi d’un effet cathartique devant l’écran. En retour, des campagnes et pétitions ont été engagées pour s’opposer aux restrictions annoncées, soulignant la difficulté de concilier liberté privée et intérêt collectif.
Comparaison avec la réglementation dans d’autres pays
Ailleurs également, les responsables étudient l’encadrement de ces formes d’émission. Aux États-Unis, YouTube applique déjà quelques limitations envers les vidéos incitant à des conduites alimentaires risquées. En Chine, la plateforme Douyin impose des règles strictes au sujet des challenges gastronomiques extrêmes diffusés, afin de minimiser les abus et préserver la santé de l’audience devant leurs écrans. Certaines plateformes évoquent également la possibilité de coopérer avec organisations du type OMS pour fonder de nouvelles chartes éthiques, même si leur application n’est pas toujours systématique.
FAQ sur les mokbang et leur régulation
Pour terminer, voici les réponses aux questions classiques concernant les mokbang et les éventuelles mesures de contrôle en réflexion, afin de mieux cerner les enjeux. Quelques perspectives inattendues ont émergé lors de forums publics récents.
Qu’est-ce qu’un mokbang ?
Un mokbang désigne une séquence vidéo où l’animateur ingère une quantité hors norme de nourriture devant la caméra, tout en interagissant avec son audience. Ce style de diffusion s’est largement répandu en Corée du Sud, là où il a vu le jour, et l’aspect « performance » à l’écran joue un rôle capital dans l’attrait que ces vidéos exercent.
Pourquoi les mokbang inquiètent-ils les autorités ?
L’inquiétude concerne l’effet possible sur la santé publique. De telles émissions sont susceptibles de normaliser des comportements alimentaires à risque et d’accélérer l’apparition de troubles alimentaires de type obésité, voire d’autres excès. On peut supposer que plusieurs travaux associent la notoriété de ces vidéos à la recrudescence de ces désordres. Reste enfin la question essentielle de la responsabilité : jusqu’où les plateformes devraient-elles intervenir, voire contrôler les contenus, afin d’en limiter les déviances ?
Quelles sont les mesures envisagées pour réguler les mokbang ?
Les solutions étudiées comprennent l’affichage continu de mises en garde pendant les streams, un contrôle du volume alimentaire montré à l’écran ainsi que des campagnes prônant la modération. Cela se combine parfois avec des restrictions techniques imposées par les plateformes ou la pression des organismes internationaux (par exemple : l’OMS, qui diffuse fréquemment des avis concernant la protection des mineurs et la prévention de l’obésité).
Les mokbang sont-ils dangereux pour la santé ?
Ce genre de contenus n’est pas sans péril : les excès répétés risquent de générer des troubles digestifs, d’accroître le risque de maladies du cœur et d’affecter la peau, en lien avec une alimentation industrielle. Exemple : Selon des participantes ayant partagé leur vécu sur des forums, certains diffuseurs avouent avoir souffert d’ennuis de santé après des séquences intensives de mokbang, tandis que des chercheurs spécialisés cherchent à mesurer l’impact véritable de ces pratiques sur la durée. Toutefois, il existe un certain flou sur la variabilité de ces effets selon les profils.
Quel est l’avenir des mokbang en Corée du Sud ?
L’évolution des mokbang dans le pays dépendra en grande partie de la dynamique législative et de la réaction du public. Les autorités visent à équilibrer la santé collective et le succès populaire de ces programmes. Dans les prochaines années, on peut s’attendre à observer une prise de recul, voire l’essor de formats se voulant responsables. Nul ne peut exclure l’apparition de nouveaux usages ou qu’une auto-régulation soit, à l’avenir, encouragée par les plateformes elles-mêmes. Après tout, rien n’est définitif !
