La péninsule coréenne captive souvent les voyageurs à différents niveaux, mais il faut souligner que sa culture foisonnante et pluriséculaire demeure l’un des aspects notables qui la singularisent. Le hanbok, cette tenue devenue symbole du legs vestimentaire coréen, traduit à merveille ce patrimoine avec ses courbes élégantes et ses nuances lumineuses. Il a survécu à travers les générations et garde toute sa signifiance, aussi bien dans la vie domestique que dans la construction de l’identité nationale, que ce soit en Corée du Sud ou du Nord. Pour saisir ce qui distingue vraiment cette pièce, il suffit parfois d’assister à des cérémonies familiales ou de flâner dans les quartiers anciens de Séoul où l’on peut croiser, sans difficulté, des badauds vêtus d’antan. Cela arrive de façon répétée – voici alors un aperçu du hanbok, ce vêtement phare de la tradition coréenne.
À quoi ressemble le hanbok ?
À travers les époques, la tenue traditionnelle coréenne a connu divers changements. Pourtant, certains attributs persistent : couleurs éclatantes et vives, lignes sobres et serrées pour la partie haute, alors que la partie basse opte pour des volumes plus généreux et arrondis. Vous remarquerez probablement, lors de certains rituels ruraux, des hanboks étonnamment bigarrés, arborés à l’occasion d’un rassemblement ou d’un événement familial.
De nos jours, chaque genre affiche des modèles distincts, générant deux variantes selon la personne qui le revêt. La version masculine apparaît souvent plus sophistiquée et propose une diversité de coloris. Le modèle pour femme, lui, s’avère plus simple et s’enrichit d’ornements ou dentelles délicates. Finalement, cela dépend aussi bien des modes du moment que du goût personnel. Des familles tiennent d’ailleurs à perpétuer le geste d’offrir un hanbok lors d’une occasion remarquable, acte porteur de résonance symbolique.
L’histoire fascinante du hanbok
Un regard porté sur les origines plurimillénaires de ce vêtement traditionnel permet, à ce qu’il semble, de mieux comprendre de quelle façon il s’est transformé au gré des siècles, influencé par les grandes lignées royales, des coutumes, voire des moments décisifs de l’histoire locale.
Les origines anciennes
Le costume coréen plonge ses racines à l’époque des Trois Royaumes (57 av. J.-C. – 668 apr. J.-C.). Chaque royaume (Goguryeo, Baekje et Silla) lui a insufflé des caractéristiques uniques. Ainsi, des fresques funéraires de Goguryeo montrent des habits comprenant de longues vestes et de vastes pantalons pour les hommes, des jupes pour les femmes. À ce moment-là, le hanbok répondait d’abord aux exigences de populations nomades ou équestres. Il n’était pas exceptionnel non plus que les vêtements circulent au sein de la famille, renforçant dès lors leur utilité symbolique – coutume qui, selon plusieurs témoignages, perdure dans certains clans.
Dynastie Goryeo
Durant la dynastie Goryeo (918-1392), le style vestimentaire évolue à mesure que se manifeste l’influence mongole et bouddhiste. Les habits de l’époque se signalent par des méthodes de teinture avancées et des tissus de qualité supérieure. Les manteaux longs et cintrés cèdent la place à des vestes écourtées, trace tangible de la culture mongole. Au cours de cette période, la noblesse, les yangban, adoptaient souvent des hanboks brodés fastueux pour exprimer leur position lors des cérémonies majeures.
Dynastie Joseon
Sous la dynastie Joseon (1392-1897), la tenue traditionnelle est rationalisée au moyen de règles notez-le codifiées par la société confucianiste. Les couleurs, dessins et coupes trahissent ainsi le rang social de chacun. Les robes de femme montent sous la poitrine, tandis que les vestes raccourcissent de plus en plus. C’est ce profil qu’on considère comme le plus typique aujourd’hui, et l’empreinte des structures hiérarchiques apparaît toujours aujourd’hui dans les codes du hanbok lors des protocoles officiels, comme ceux de la Maison Bleue à Séoul (Cheong Wa Dae).
Les composants du hanbok
Passage en revue des différents éléments constituant ce costume et la portée singulière de chacun. Parfois, il est malaisé de s’y retrouver, car chaque détail — ceintures dissimulées, ornements invisibles — a son rôle au sein des rassemblements familiaux.
Jeogori – le haut vêtement coréen
Le jeogori, veste courte de la panoplie, occupe la section supérieure de l’ensemble. Il est porté par toutes et tous, mais se décline selon la longueur ou la coupe. Ces jeogori se parent la plupart du temps de décors subtils et se ferment à l’aide des otgoreum, rubans à nouer, considérés parfois comme un art à part entière chez les couturières d’antan.
Chima – la jupe traditionnelle
La chima, grande, jupe plissée, reste le vêtement traditionnellement féminin. Elle convient à toute morphologie, et se fixe généralement à la poitrine, ce qui met en avant la grâce du port. Ses larges plis favorisent une mobilité remarquable, un aspect fort apprécié lors des célébrations ou dans les marchés pleins d’animation à Séoul, entre autres.
Baji – le pantalon ample
Le baji, pantalon vaste, est porté habituellement par les hommes, même si certaines circonstances permettent aux femmes d’en mettre, par exemple lors d’activités rurales. Il semble procurer beaucoup d’aisance et reste resserré aux chevilles, ce qui s’avère précieux pour le quotidien ou des rituels spécifiques. Durant certains usages en campagne, il arrive que les enfants ou adultes de tout genre revêtent aussi le baji, notamment sous un manteau durumagi pendant l’hiver, comme cela se pratique parfois dans la région de Montréal par exemple.
Accessoires du hanbok
Plusieurs accessoires agrémentent la tenue. Les beoseon, ce sont les chaussettes anciennes, tandis que les norigae, bijoux talismans, se suspendent généralement à la veste féminine. Diverses coiffes traditionnelles complètent l’ensemble, telles que le jokduri des mariées durant les unions familiales ou bien la hwarot, sorte de robe nuptiale ornementée et fastueuse, portée le jour J dans les foyers attachés aux règles anciennes.
La symbolique du hanbok
Tour d’horizon des significations culturelles — bien plus larges que le seul vêtement — qui accompagnent ce costume au sein de la société coréenne.
Symboles et valeurs culturelles
Cette tenue véhicule parfois les idéaux de dignité, pureté, masculinité mais aussi féminité, sans oublier l’harmonie avec le monde naturel. Ses coupes et couleurs tirent leur inspiration d’une pensée néoconfucianiste, promouvant la moralité et la simplicité. Il n’est pas rare d’entendre que le costume illustre même littéralement la philosophie de son temps. À chaque port du hanbok lors d’une occasion, fastueuse ou plus discrète, ce respect demeure perceptible.
Couleurs et motifs significatifs
Chaque teinte du costume raconte ainsi son récit – le rouge, c’est la joie ; le bleu, la faveur ; le jaune, la terre, etc. Les motifs, dragons symbolisant la puissance ou fleurs rappelant la beauté, confèrent une dimension ajoutée à l’ensemble. Il arrive que ces motifs paraissent accessoires ; cependant, pour une famille, un motif soigneusement sélectionné pour une cérémonie possède, selon toute vraisemblance, une portée patriotique ou rend hommage à un ancêtre discret.
Hiérarchie et statut social
L’apparence évoluait selon la classe sociale. Ainsi, la noblesse, les yangban, bénéficiaient de couleurs dynamiques et de motifs luxueux, quand le peuple revêtait des teintes plus réservées. La hiérarchie se manifeste aussi dans le choix des étoffes : la soie, par exemple, réservée souvent aux élites, pouvait se léguer comme un bien précieux entre générations. Par ailleurs, lors de cérémonies menées par le roi en personne – comme sous King Sejong, inventeur du Hangeul –, un code vestimentaire strict réhaussait la portée nationale du hanbok.
Entretien et achat d’un hanbok
Quelques repères pour acquérir, entretenir et arborer un costume traditionnel aujourd’hui. Même si la tradition n’exige plus de le porter chaque jour, beaucoup de familles perpétuent certains gestes afin de préserver son éclat.
Choisir un hanbok de qualité
Quand vous choisissez une tenue de bonne facture, l’attention accordée aux tissus et aux finitions mérite parfois toute votre prudence. Les étoffes naturelles telles que la soie ou le lin sont appréciées – l’artisanat, surtout la broderie manuelle, donne au hanbok son incroyable unicité. On le remarque lors des moments-clés, comme les mariages, lorsque la famille au complet revêt la tenue traditionnelle, ce qui rend l’instant inoubliable.
Conseils d’entretien
Pour préserver votre hanbok, limitez les lavages et favorisez un nettoyage par un spécialiste habitué à ce genre de textile. Si vous rangez la tenue, préférez un local sec à l’écart du soleil direct. Plusieurs conseillent les pochettes de coton afin de préserver la robe à long terme sans l’endommager. Beaucoup de familles, parfois, aèrent la tenue quelques jours avant une célébration afin d’éviter tout souci de dernière minute.
Où acheter un hanbok
Vous trouverez un bon nombre de boutiques de hanbok en Corée, où acquérir une tenue façonnée avec souci du détail. Certaines offrent même des services de confection sur commande. Pour les personnes installées à l’extérieur, certains sites web bien choisis donnent accès à des collections classiques ou modernes. Il n’est pas rare de croiser, dans les quartiers anciens de Séoul, des ateliers de famille où chaque vêtement semble raconter une histoire distincte.
FAQ sur l’achat et l’entretien
Concernant la conservation, il est judicieux, en particulier pour la soie, de garder l’habit à l’ombre et de faire appel à un pressing qualifié tout en évitant les pliures trop marquées, surtout avant un grand rendez-vous. Pour celles et ceux souhaitant porter le hanbok fréquemment, il existe aujourd’hui des modèles adaptés à l’entretien plus commode. Les enseignes telles que HanbokNara ou CoreeBoutique offrent, entre autres, beaucoup de références sur la toile.
Le hanbok dans la culture contemporaine
Cette coutume poursuit désormais sa mutation, influençant la création vestimentaire actuelle et s’invitant jusque dans les médias. Le hanbok a même su, en toute discrétion, traverser l’ère industrielle pour retrouver une place sur les podiums ou dans de grandes campagnes publicitaires.
Hanbok contemporain
Ces dernières années, l’habit traditionnel coréen connaît une nouvelle vitalité dans la mode. Les stylistes mêlent sans cesse des composants classiques et des coupes modernes, séduisant tout autant la jeune génération que les milieux chics. Des marques contemporaines telles que Leesle ont ainsi suscité l’attention pour leurs interprétations audacieuses, mariant innovations textiles et respect du style traditionnel. Il semble même que le hanbok inspire de nouveaux partenariats inattendus. Dans certains clips populaires, un simple otgoreum posé sur une veste ample évoque d’emblée la filiation originelle.
Le hanbok dans les arts et les médias
Ce n’est guère surprenant d’apercevoir le costume traditionnel coréen dans les films, séries et même l’art actuel. Ces images contribuent à renforcer l’aura de ce costume, en Corée comme à l’international, et rappellent son importance culturelle. Certaines émissions télévisées proposent d’ailleurs des concours où la créativité autour du hanbok est mise en valeur, reflet du dialogue continu entre transmission, création et sentiment d’appartenance nationale.
Événements et occasions pour porter un hanbok
Petite rétrospective sur les moments de l’année où cette tenue cérémonielle occupe une place essentielle en Corée. Encore une fois, le poids des liens familiaux et de la coutume agit comme un fil conducteur, parfois quasiment automatique, entre générations.
Mariages et célébrations traditionnelles
Le hanbok s’impose lors des mariages et durant les fêtes majeures, tel Chuseok ou Seollal. Endosser cette tenue pour ce genre de célébrations, c’est manifester l’attachement à la tradition et prouver combien la famille demeure précieuse. Le plus souvent, la mariée opte pour une hwarot ou un jokduri, alors que les proches choisissent leur hanbok en fonction du contexte.
Cérémonies familiales
En marge des festivités, la tenue se porte aussi lors de nombreux événements familiaux – comme le doljanchi ou de grandes réunions – symbolisant respect et volonté de transmettre valeurs et usages à la génération suivante. Selon différents témoignages, il arrive qu’un simple hanbok retrouvé dans une armoire suffise à raviver des souvenirs forts et renforcer les liens entre proches.
Expériences utilisateurs et témoignages
Découvrez, à travers nombre de récits, comment diverses personnes perçoivent le hanbok et la place qu’il occupe aujourd’hui. Il arrive parfois qu’un simple essayage en boutique provoque une émotion insoupçonnée.
Avis de porteurs de hanbok
Beaucoup évoquent ce qu’ils ressentent en revêtant le hanbok, mentionnant habituellement la fierté et une dignité particulière qu’il procure. À titre d’exemple, Jin souligne qu’avoir choisi la tenue pour son mariage a donné à la cérémonie une dimension forte, la rendant vraiment inoubliable. Selon d’autres, lors de réunions familiales, la tenue arrive parfois à bouleverser la perception du temps et à susciter un rapprochement quasi instantané entre membres de la famille.
Témoignages de créateurs de hanbok
Des créateurs, tel Lee Young-hee, partagent volontiers leur ferveur pour cette tradition et les efforts consentis pour transmettre des procédés anciens tout en innovant avec leur époque. Ces témoignages rappellent combien la préservation culturelle passée par la créativité reste capitale pour faire vivre ce legs. Un artisan installé à Séoul aurait un jour confié sa joie en voyant un jeune choisir le hanbok pour sa cérémonie de remise de diplôme, preuve si besoin que la coutume se transforme et se transmet parfois là où on s’y attend le moins.
