Corée du Sud : les règles de distanciation sociale sont assouplies

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En Corée du Sud, seulement une poignée de nouveaux cas de personnes malades du Coronavirus ont été recensés ces derniers temps. Progressivement, les habitudes du quotidien refont surface et les consignes d’éloignement s’assouplissent pour favoriser la reprise de l’économie locale. On observe un regain d’énergie dans les rues, même si une vigilance certaine, construite après plusieurs mois de gestion du risque, demeure en arrière-plan.

Retour au travail en Corée du Sud

La reprise du travail en Corée du Sud

Dans le but d’accélérer la relance économique et de répondre à la demande de crédit sans justificatif de revenu, la population a retrouvé la voie du bureau. Mais il y a encore plus : la Corée du Sud a également autorisé la réouverture de nombreux centres commerciaux, parcs, parcours de golf et restaurants. Les autorités sud-coréennes ont levé certaines restrictions de distance sociale lors du week-end dernier. Ce relâchement va au-delà du simple symbole – cela incite à reformer des bulles sociales, qui peuvent être limitées ou riches de retrouvailles à venir.

Différentes entreprises ont mis fin au télétravail pour ré accueillir leurs équipes dans les open spaces et bureaux. Chez SK Innovation, un acteur majeur de la pétrochimie, ils sont entre 75 et 85 % des 1500 employés à retrouver leurs collègues cette semaine. Les horaires conservent une flexibilité marquée afin d’éviter les flux importants dans les transports. Pour les réunions sur site, la règle reste la précaution, ces rencontres sont réduites au strict nécessaire. La promiscuité, de son côté, reste sous contrôle : beaucoup de salariés décrivent une atmosphère singulière, mêlant soulagement et précaution.

En même temps, chaque salarié passe plusieurs contrôles de température avant de commencer la journée. Des caméras thermiques, du matériel protecteur et des espaces réaménagés dans les cafétérias sont désormais installés pour atténuer les risques. À cela s’ajoutent des procédés nouveaux selon les sociétés, qui essaient probablement un dispositif distinct chaque semaine. C’est souvent qu’une nouvelle solution, plus ou moins discrète selon les endroits, apparaît soudainement : mur de plexiglas, application de prévention, etc.

Epidémie sous contrôle

La Corée du Sud a été parmi les tout premiers pays confrontés à la Covid-19, juste après la Chine. De nos jours, la vie sociale a repris. Les parcs et terrains de golf sont demeurés fréquentés le week-end, alors qu’en Europe le confinement était toujours imposé. Certains promeneurs remarquent qu’en dépit de cette impression d’insouciance retrouvée, chacun avance désormais dans une espèce de bulle sociale mobile.

« J’appartiens à un petit club local de football et pour la première fois en deux mois, nous avons enfin pu sortir samedi pour jouer. Nous avions nos masques et le coronavirus reste une préoccupation, mais la météo était clémente et cela m’a réellement fait du bien », partage Kim Tae-hyungun, un ingénieur âgé de 31 ans à Séoul. Le contraste est simple à concevoir entre ce moment d’extérieur et l’isolement ressenti lors des pics de la crise sanitaire.

Des règles moins strictes

Dimanche, les autorités sud-coréennes ont précisé que la distanciation sociale demeurait effective pour encore 16 jours, avec des écoles qui restent fermées. Les règles s’assouplissent toutefois pour les centres sportifs. À présent, on peut penser que le pays maintient un pilotage stable côté santé publique, dans l’ensemble. La prévention reste mise en avant et certains acteurs majeurs, comme le Ministère de la Santé ou l’Organisation mondiale de la Santé, surveillent étroitement les évolutions des indicateurs nationaux.

Le centre coréen de contrôle des maladies n’a répertorié qu’entre 10 et 15 nouveaux cas ces derniers jours. Le bilan regroupe au total 236 décès depuis le début de la pandémie. Derrière cette donnée, on perçoit tout de même l’attention constante de la société.

Chronologie des mesures de distanciation sociale en Corée du Sud

Soulignée régulièrement pour la maîtrise de la crise Covid-19, la Corée du Sud a choisi un allègement progressif de ses mesures de séparation sociale. Parcourir la chronologie de ces décisions permet de mieux comprendre les adaptations vécues chaque jour. Il faut dire que le rythme des annonces gouvernementales est, pour nombre de citoyens, devenu une espèce de point de repère quotidien.

Début de la pandémie et premières mesures

Dès janvier 2020, face aux premiers cas, les autorités sud-coréennes ont agi avec célérité. Le port du masque a été fortement adopté et les stratégies de dépistage ont été mises en place sans délai. En février 2020, par exemple, le pays réalisait environ 20 000 tests chaque jour et avait lancé plus de 600 centres de dépistage ainsi qu’une centaine de laboratoires. Autant d’initiatives qui ont marqué nombre d’experts à l’étranger. Certains ont même tracé un rapprochement avec les protocoles efficaces de Taïwan ou Singapour à la même période.

Évolution des mesures

Les directives ont changé au fil des vagues épidémiques. À chaque résurgence, la Corée du Sud a ajusté son dispositif. Lors du pic de mars 2020, des restrictions strictes, dont la fermeture de nombreux espaces publics et une surveillance montée d’un cran, ont été imposées. Avec la décroissance des contaminations, vers mai 2020, un assouplissement graduel a été instauré, permettant la réouverture de certains lieux sous protocoles contraignants. Même en phase plus sereine, la résilience commune restait palpable : familles et commerçants ne cessaient de composer avec la prévention et un retour mesuré à la normalité.

Les jalons clés de l’assouplissement

Les relâchements ne sont pris en compte que lorsque le niveau de contamination se stabilise durablement. Par exemple, en avril 2020, lorsque les cas quotidiens sont descendus sous la trentaine, les autorités ont choisi d’adoucir les règles pour la première fois. En août 2020, malgré une flambée liée à des rassemblements religieux, une partie de la souplesse a été maintenue, afin de soutenir économie et vie sociale. Beaucoup se questionnent d’ailleurs sur le choix opportun du calendrier de ces décisions. Aujourd’hui encore, la perception du danger varie selon l’âge : la crainte du SARS-CoV-2 reste plus vive chez les personnes âgées.

Les règles spécifiques de distanciation sociale

Les mesures d’éloignement en Corée du Sud demeurent parmi les plus rigoureuses au monde. Voyons d’un peu plus près ce qui a été instauré et de quelle façon ces consignes s’intègrent dans le quotidien, autant pour la prévention que pour la gestion du risque. Pour la majorité, il est devenu presque reflex d’ajuster sa posture et de conserver une marge dans la rue ou les transports en commun.

Port du masque et hygiènes renforcées

Le port du masque est requis dans l’essentiel des espaces publics, avec une distribution encadrée de masques KF94 pour prévenir la pénurie. Par ailleurs, le pays a généralisé les caméras thermiques et la mise à disposition de gel hydroalcoolique dans les infrastructures officielles, les transports, les commerces ou même les ascenseurs. Utiliser le désinfectant est devenu un automatisme chez nombre de Sud-Coréens. Pendant les épisodes les plus tendus de la pandémie, certaines personnes âgées hésitaient encore à monter dans un bus si elles jugeaient l’hygiène insatisfaisante.

Limitation des rassemblements

Réunions familiales, professionnelles, amicales : tout se limite souvent à une dizaine, parfois seulement cinq personnes. À titre d’illustration, lors de la troisième vague en décembre 2020, toute réunion regroupant plus de cinq personnes était prohibée. Les cérémonies scolaires ainsi que les festivités dans les EHPAD ont donc été transformées, au point qu’un sentiment de bulle sociale prédomine parfois chez les plus vulnérables.

Impacts sur les lieux de travail et scolaires

Des instructions strictes sont observées tant dans les établissements que dans les entreprises. Contrôle de température à l’accueil, horaires ajustés, réunions à distance – de nombreuses structures ont évolué pour restreindre les contacts. À noter que certains étudiants se sont adaptés de façon inattendue à ces nouvelles habitudes d’isolement relatif. Dans les universités, l’un d’eux expliquait que la solidarité s’était accentuée autour de systèmes de tutorat en ligne organisés parfois simplement par message. C’est probablement un début encourageant.

Impact sanitaire et économique des mesures

La distanciation pratiquée en Corée du Sud a eu des effets très concrets, tant sur la santé publique que sur l’économie locale. Au lieu de voir uniquement les limites, il semble intéressant de dresser un bilan chiffré et de relever certains repères mondiaux. Les analystes du Gouvernement français n’ont d’ailleurs pas hésité à citer l’exemple coréen pour illustrer ce fameux équilibre entre contrôle du risque et maintien d’une activité sociale, même minimale.

Impact sur les chiffres sanitaires

Un respect strict des protocoles a contribué à maintenir des taux d’infection comme de mortalité très réduits. Le taux de décès est ainsi, selon plusieurs spécialistes sanitaires, situé autour de 0,76 %, bien inférieur à la moyenne internationale. Grâce au dépistage massif, les principaux foyers ont généralement été repérés puis neutralisés sans attendre ; la sévérité des complications s’en est trouvée limitée. Les responsables de la santé soulignent aussi la valeur du soutien collectif à la prévention, perçue comme un ressort clé face à la crise.

Conséquences économiques des mesures

Comme on pouvait s’y attendre, l’économie a subi le contre-coup des contraintes sanitaires, avec un repli estimé proche de 2,1 % en 2020. Pour atténuer le choc, les autorités ont initié un large plan d’aide d’environ 210 milliards de dollars, ciblant surtout les secteurs les plus impactés. Parfois, certaines petites sociétés ont su rebondir plus vite que prévu en revoyant totalement leur fonctionnement. Dans certains commerces essentiels, la résilience a pris la forme d’une créativité continue : vitrines, services particuliers ou communication accrue sur les réseaux.

Comparaison internationale des mesures de distanciation sociale

Comparer comment la Corée du Sud a géré la crise et d’autres pays permet de mieux saisir la pluralité des réponses observées mondialement. On remarque parfois une sorte de « théâtre social » où chaque nation module sa propre partition entre gestes barrières et restrictions, selon ses réalités et tout en observant, à distance, les résultats de ses choix collectifs.

Comparaison avec l’Europe

La Corée du Sud s’est distinguée en évitant tout confinement généralisé, là où plusieurs pays européens comme la France ou l’Italie ont opté pour des fermetures sévères dès l’apparition de la crise. Malgré ces différences majeures, le pays asiatique a su mieux contenir la diffusion du virus. Parfois, la question du confinement strict y a suscité des débats. Selon un spécialiste de l’Organisation mondiale de la Santé, la relation entre l’État et la société s’est fondée sur une pédagogie sanitaire continue et un capital de confiance remarquable envers les pouvoirs locaux.

Études de cas : Corée du Sud vs. autres pays asiatiques

Corée du Sud, Taïwan, Singapour ou Hong Kong figurent régulièrement ensemble pour leur gestion proactive du Covid-19. Tous ont mis en œuvre des solutions de dépistage rapproché, même si chaque région conserve une singularité. À Singapour, le non-port du masque expose à de fortes amendes, tandis qu’à Hong Kong l’isolement a duré particulièrement longtemps. Il n’est pas rare d’entendre que la prévention donne de meilleurs résultats que des sanctions tardives. Certains chercheurs observent aussi l’influence du sentiment collectif du danger pour encourager l’adhésion sociale.

Réactions et témoignages

Dans le quotidien, la distanciation sociale garde son impact sur le moral et modifie nombreux usages. Divers témoignages reflètent cette ambiance parfois lourde, mais aussi l’agilité avec laquelle la société sud-coréenne a su s’adapter. Dans une école de quartier, un enseignant racontait que les enfants ont pris l’habitude de se saluer d’un simple signe de tête, tout en gardant naturellement leurs distances – geste qui incarne bien l’intégration de certains nouveaux réflexes.

Témoignages de travailleurs

Chez SK Innovation, les équipes accueillent favorablement tous les dispositifs : contrôles systématiques, horaires flexibles, respect des gestes barrière. À en croire Kim Hyung-jin, ces habitudes solidifient la confiance dans la sécurité du travail. Elles ne sont pas ressenties seulement comme des obligations, mais aussi comme l’expression d’une solidarité commune où chacun veille à maintenir l’équilibre général.

Témoignages de sportifs amateurs

Kim Tae-hyung exprime sa satisfaction de retrouver les activités de loisirs, même à distance. Pour beaucoup, rechausser les crampons ou baskets transforme le quotidien après tant de semaines d’arrêt. Dans les clubs de quartier, le sentiment de solidarité perdure, parfois à travers les messages échangés ou l’organisation stricte des séances, souvent en groupes restreints de cinq personnes.

FAQ sur les mesures de distanciation sociale

Certaines questions fréquemment posées permettent de mieux élucider quelques zones floues à propos des règles appliquées en Corée du Sud. Il arrive que les réponses soient ajustées avec les communiqués récents du Centre coréen de contrôle des maladies, ou selon l’application locale des recommandations de l’OMS.

Quelles sont les règles actuelles en matière de distanciation sociale en Corée du Sud?

Les règles actuellement en vigueur s’appuient notamment sur le port obligatoire du masque dans les espaces publics, la limitation ferme des rassemblements (généralement à moins de 5 personnes) et la prise répétée de température dans les cadres professionnels ou privés. Dans certains commerces essentiels, le marquage au sol rappelle la distance à observer, y compris lors de fortes affluences.

Comment les règles évoluent-elles avec la situation sanitaire?

Le dispositif reste flexible et change selon les courbes épidémiques. Après une baisse nette des cas, les autorités relâchent parfois certaines restrictions sur les rencontres. On voit aussi, certaines semaines, des adaptations régionales. Plusieurs responsables d’établissement scolaire soulignent que cela exige régulièrement un vrai effort de pédagogie, surtout pour les familles tiraillées entre vigilance et besoin de maintenir du lien social.

Quel est l’impact de l’assouplissement des règles sur la population?

L’assouplissement progressif a permis de raviver la vie active, ce qui adoucit souvent l’isolement et abaisse le stress pour nombre de personnes. Cette dynamique s’accompagne généralement d’un respect durable des habitudes d’hygiène, selon de nombreux témoignages. Les psychologues locaux indiquent cependant que la résilience collective s’entretient dans une forme de retenue : personne ne s’emballe, mais la prudence demeure devant l’éventualité d’un nouveau rebond.

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