Le Nouvel An coréen, appelé Seollal, est l’une des grandes fêtes familiales en Corée. Il marque le premier jour de l’année selon le calendrier lunaire et réunit plusieurs dimensions à la fois : hommage aux ancêtres, respect des aînés, repas symbolique, vêtements traditionnels et jeux partagés. Pour comprendre Seollal, il vaut mieux le voir comme un moment de transmission entre générations qu’une simple soirée de réveillon.
Seollal, le Nouvel An lunaire coréen
Seollal correspond au Nouvel An lunaire coréen. Contrairement au 1er janvier du calendrier solaire, sa date change chaque année, car elle dépend du calendrier lunaire. La fête tombe généralement entre le 21 janvier et le 20 février, au moment où commence une nouvelle année lunaire.

Dans la culture coréenne, Seollal est souvent perçu comme un retour aux racines familiales. Beaucoup de personnes rejoignent leur ville natale ou la maison des parents et grands-parents. Ce déplacement n’est pas seulement pratique : il traduit l’importance du lien familial, de la mémoire des ancêtres et du respect dû aux générations précédentes.
Une célébration qui dure trois jours
Seollal se célèbre traditionnellement sur 3 jours : la veille du Nouvel An lunaire, le jour même, puis le lendemain. Ces 72 heures permettent aux familles de voyager, de préparer les rites, de partager les repas et de rendre visite aux proches. Dans les faits, certaines familles adaptent aujourd’hui les pratiques selon leur rythme de vie, mais l’idée d’un temps familial prolongé reste centrale.
| Repère | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|
| Nom coréen | Seollal |
| Calendrier | Calendrier lunaire |
| Période | Entre le 21 janvier et le 20 février |
| Durée | 3 jours |
| Thèmes principaux | Famille, ancêtres, respect, repas, vœux |
Les rites familiaux qui structurent la fête
Le cœur de Seollal repose sur des gestes codifiés. Ils peuvent varier selon les familles, les régions ou le degré d’attachement aux traditions, mais certains rituels restent très identifiables. Ils donnent à la fête une atmosphère à la fois solennelle et chaleureuse.
Charye, l’hommage aux ancêtres
Le Charye est une cérémonie destinée à honorer les ancêtres. La famille prépare une table d’offrandes, souvent avec des plats soigneusement disposés, puis se recueille en signe de respect. Ce rituel rappelle que la nouvelle année ne commence pas seulement avec des projets personnels, mais aussi avec la place donnée à ceux qui ont précédé.
Pour un regard extérieur, cette cérémonie peut sembler formelle. Elle exprime pourtant une idée très simple : remercier ceux qui ont précédé, reconnaître leur place dans l’histoire familiale et commencer l’année avec un sentiment de continuité. Le Charye reste l’un des gestes les plus marquants de Seollal.
Sebae, saluer ses aînés avec respect
Le Sebae est une salutation traditionnelle adressée aux aînés. Les plus jeunes s’inclinent devant les parents, grands-parents ou membres âgés de la famille, puis reçoivent des paroles de bénédiction pour la nouvelle année. Les enfants peuvent aussi recevoir de l’argent, souvent appelé sebae-don ou argent de Sebae.
Ce geste n’est pas une simple politesse. Il met en avant la hiérarchie familiale, mais aussi l’affection et la transmission. Les aînés souhaitent santé, réussite ou bonheur aux plus jeunes ; en retour, ces derniers manifestent leur gratitude. Seollal donne ainsi une forme visible au respect intergénérationnel.
Hanbok et seolbim, la tenue des grands jours
Le hanbok, vêtement traditionnel coréen, est souvent associé à Seollal. Certaines familles portent des habits neufs ou particulièrement soignés, parfois désignés par le terme seolbim. Même lorsque le hanbok n’est pas porté par tous, il reste un symbole fort de la fête : couleurs, lignes amples, élégance cérémonielle et sentiment d’appartenance culturelle.
Seollal se reconnaît aussi à ses signes visibles : la tenue choisie pour la journée, la table d’offrandes ordonnée avec précision, les plats préparés à l’avance, les vœux échangés dès le matin. Chaque détail compte. Pris ensemble, ils composent une fête très structurée, mais jamais figée, où la famille reste au centre.
Le repas de Seollal : manger pour entrer dans l’année
La nourriture occupe une place essentielle pendant le Nouvel An coréen. Elle rassemble la famille, accompagne les rites et porte une forte charge symbolique. Certains plats sont associés à la chance, à la longévité ou au passage vers une nouvelle étape de vie.
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Tteokguk, le plat emblématique
Le plat le plus connu de Seollal est le tteokguk, une soupe de gâteaux de riz tranchés. Ces morceaux de riz, souvent issus du garaetteok, ont une texture tendre et une forme qui évoque parfois la pureté ou le renouveau. Manger du tteokguk est traditionnellement lié au fait de prendre un an de plus.
Cette association avec l’âge surprend souvent les non-Coréens. Elle montre que Seollal n’est pas seulement un changement de date : c’est aussi un passage symbolique. Le bol de soupe devient une manière concrète de dire que l’on entre dans une nouvelle année, avec un statut renouvelé au sein de la famille.
Mandu, boissons et plats de fête
Selon les familles, le repas peut aussi inclure des mandu, des raviolis coréens, ainsi que divers accompagnements préparés pour l’occasion. Des boissons traditionnelles comme le sik-hye, boisson sucrée à base de riz, ou le sujeonggwa, boisson à la cannelle et au gingembre, peuvent être servies lors des moments familiaux.
Le repas de Seollal n’est donc pas seulement copieux. Il est aussi chargé d’intentions. On mange ensemble, on partage ce qui a été préparé, on renforce l’unité du foyer. La table devient un espace de mémoire autant que de convivialité, avec des plats qui prolongent les rites au lieu de les interrompre.
Jeux traditionnels et moments de détente
Après les rites et les repas, Seollal laisse aussi place aux jeux. Ces activités donnent à la fête une dimension plus légère, surtout pour les enfants. Certaines familles y jouent encore régulièrement, d’autres les évoquent davantage comme un héritage culturel, mais ils restent associés à l’imaginaire du Nouvel An lunaire.
Yut nori, le jeu familial par excellence
Le Yut nori est l’un des jeux les plus emblématiques de Seollal. Il se joue avec 4 yuts, des bâtons lancés comme des dés, et un plateau sur lequel les pions avancent selon le résultat obtenu. Simple à comprendre, mais animé par les retournements de situation, il se prête très bien aux réunions familiales.
Son intérêt ne tient pas seulement à ses règles. Le Yut nori crée du bruit, des encouragements, des taquineries et des alliances temporaires. Il transforme la réunion familiale en moment collectif, où toutes les générations peuvent participer sans avoir besoin d’un équipement compliqué. C’est aussi l’un des moyens les plus faciles de faire vivre la fête à la maison.
Cerf-volant, toupie, neolttwigi et Go Stop
D’autres jeux sont également associés à Seollal, comme le cerf-volant, la toupie ou le neolttwigi, un jeu de bascule traditionnel souvent présenté comme une activité ancienne. Le Go Stop, jeu de cartes populaire, peut aussi apparaître dans certains contextes familiaux, surtout entre adultes.
Ces jeux rappellent que Seollal n’est pas figé dans une seule forme. Il mêle pratiques anciennes et habitudes contemporaines. Dans certaines maisons, les jeux traditionnels occupent encore une place visible ; dans d’autres, ils coexistent avec la télévision, les conversations, les photos de famille ou les messages envoyés aux proches éloignés.
Vocabulaire utile pour parler du Nouvel An coréen
Quelques mots coréens permettent de mieux comprendre Seollal et d’éviter les confusions. Ils reviennent souvent dans les articles, les vidéos, les dramas ou les échanges avec des Coréens pendant la période du Nouvel An lunaire.
- Seollal : le Nouvel An lunaire coréen.
- Sebae : la salutation respectueuse faite aux aînés.
- Sebae-don : l’argent reçu, notamment par les enfants, après le sebae.
- Charye : la cérémonie d’hommage aux ancêtres.
- Tteokguk : la soupe de gâteaux de riz consommée pendant Seollal.
- Hanbok : le vêtement traditionnel coréen.
- Seolbim : les habits neufs ou soignés portés pour la nouvelle année.
Dire bonne année en coréen
La formule la plus courante pour souhaiter la bonne année est Saehae bok mani badeuseyo. Elle signifie littéralement quelque chose comme : « Recevez beaucoup de bonheur pour la nouvelle année ». C’est une expression polie, adaptée à de nombreuses situations, notamment avec des personnes plus âgées ou que l’on connaît peu.
Pour un apprenant de coréen, cette phrase est utile car elle résume bien l’esprit de Seollal : on ne souhaite pas seulement une bonne année abstraite, on souhaite à l’autre de recevoir de la chance, du bonheur et de bonnes choses. Cette nuance rend la formule particulièrement chaleureuse et facile à retenir.
Seollal se distingue ainsi par son équilibre entre fête et rituel. On y retrouve la joie d’un début d’année, mais aussi le poids positif des traditions : honorer les ancêtres, saluer les aînés, partager le tteokguk, jouer en famille et formuler des vœux. C’est ce mélange de respect, de symboles et de convivialité qui fait du Nouvel An coréen une fête importante dans la culture coréenne.
